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Partage de culture Part VIII

Wed Oct 7, 2009, 12:37 AM
hop là.

Spider (David Cronenberg) :

Un réalisateur au parcours pour le moins déroutant, je le connais plutot bien étant donné qu'une de mes profs de l'année dernière a passé pour ainsi dire l'année sur lui (je veux dire, à parler de lui.)
Connu pour des films d'horreur hollywoodiens comme "la mouche" ou "scanner" (celui là je vous le recommande pas...)le grand publique l'a reconnu comme un réalisateur inspiré pour "Existenz". Pourtant, nombre de ses films précédents pouvaient déjà être de véritables casse têtes cérébraux longuement s réfléchis (pour tous ceux qui pré;parent une thèse sur la télévision, les médias, le réel, le corps, ou qui veulent voir un film qu'ils passeront la nuit a vouloir comprendre je ne peux que vous conseiller "Videodrome", attention c'est aussi rude pour les neurones que pour les yeux). C'est dans cette catégorie que peut s'inscrire Spider.
Un homme depuis longtemps enfermé dans un hô;pital psychiatrique haute sécurité est "relâché", c'est à dire envoyé dans une maison de repos surveillée pour malades mentaux. Celle ci se trouve dans la ville de son enfance. Il va revivre celle ci, se promenant dans les scènes de son passé, il va se revoir lui, enfant doux et gentil, aimant sa mère par dessus tout. il va revoir son père, comment il devait aller le chercher au bar à l'heure du dîner. Il va revoir sa mère.... sa mère comme la voit un gosse, idéalisée, pure, immaculée. Ses souvenirs se mêlent à la toile d'araignée des mensonges qu'il a construit pour la garder pure. Il garde la vérité au loin, enfouie dans son crane. Trop dangereuse. trop douloureuse. D'un fil à l'autre la toile se tisse, lourde et chargée, pour finalement s'écrouler. Spider n'est qu'un petit garçon qui a refusé la vérité.
C'est le seul film de Cronenberg que je connaisse a ne pas utiliser d'effets spéciaux trash et spectaculaires, c'est aussi le plus calme, comme une ballade, une ballade bien triste qui se termine là où elle a commencé.

Adieu ma concubine (Chen Kaige) :

On va parler de Cinema chinois, et le premier qui me ré;pond "Wonkar Waï" soyons clair je lui arrache les yeux. Je ne vais pas faire un cours sur le régime politique chinois, vous vous doutez que les films de cette nation ont été très longtemps surveillés, et censurés. En fait, "Adieu ma concubine" est le premier film chinois "libre" après Mao. J'ai deja écris quelque chose là dessus, et comme je suis flemmard ce matin je vous le met, tant pis si c'ets un peu long.

"Parmi les premiers films chinois ayant pu critiquer ouvertement l’histoire du régime et son évolution, « Adieu ma concubine » de Chen Kaige est tout à la fois un hommage à l’art traditionnel chinois, un trésor visuel et un regard porté sur l’histoire du communisme chinois.
1924. Peu après la chute de l’empire, la Chine est aux mains des seigneurs de guerre qui se disputent chaque territoire. Dans cette é;poque trouble une jeune prostitué ne sait plus quoi faire de son fils et décide de le confier à une école de cirque, mais en voyant un sixième doigt sur la main du jeune garçon le maître refuse. Chen Kaige nous montre alors, avec une sobriété et une pudeur qui n’enlève rien de la dureté de la scène, une mère acculée qui décide de trancher le problème. Le maître ne peut plus qu’accepter. C’est ainsi que Douzi commence sa carrière de chanteur d’opéra.
Ce qui nous est montré alors n’est pas la situation actuelle de la Chine, dont tous les jeunes élèves sont coupés, mais l’apprentissage d’un art traditionnel, une discipline et une rigueur cruelle, la toute puissance du maître sur ses élèves. Là, Douzi rencontre Chinto, autre apprenti plus expérimenté. Si Douzi est timide, silencieux, et féminin tant dans son visage que sa voix, Shinto apparait comme un protecteur. Ils nouent alors des liens qui les uniront tout au long du film. Quand, bien des années plus tard, l’occasion se présente à eux de jouer « Adieu ma concubine » devant un riche seigneur, la ré;partition des rôles est évidente : Shinto est le roi, Douzi la concubine.
La demeure du seigneur entretient encore l’illusion de l’empire, avec décadence et pour le plaisir de quelques privilégiés. Si les deux acteurs deviennent, par la suite, des stars d’Opéra, ce n’est pas sans prix. Douzi est convoqué par le seigneur, aussi vieux que libidineux. Encore une fois, tout est dit avec pudeur, sans exhibition, et l’impact n’en est que plus fort.
Mais ou se trouve les couleurs chatoyantes de la Chine ancestrale, son luxe et son raffinement, dans ces villes où tout n’est que pauvreté, crasse et grisaille ? à l’opéra, bien sur. Là, le réalisateur nous offre une bouffée d’air frais, de beauté et de grâce. Rien ne semble pouvoir rompre l’harmonie établie entre Shinto et Douzi désormais vedettes. Ce n’est bien sur que pour mieux nous replonger dans le réel où l’opium et les bordels fleurissent.
Puis l’Histoire suit son cours, les histoires. Des années durant, le duo est confronté au problème de l’âge adulte et des femmes. Si Shinto l’accepte et se mari, Douzi reste profondément amoureux de son partenaire et se venge constamment. En parallèle, l’invasion japonaise et l’occupation. Puis la reddition de Hiro Hito et les tribunaux pour tous ceux accusés d’avoir collaborer. Comme Douzi, qui a chanté pour les japonais afin de faire libérer Shinto. Entre eux, sa femme, ancienne prostitué, partagée entre le désir d’éloigner son mari de l’ami trop attaché et la compassion qu’elle ressent. Les déchirures continuent, aggravées par les événements, jusqu’à la « révolution culturelle » qui anéantira l’Opéra traditionnel de Pékin et mettra fin à leur relation dans des circonstances où chacun se dévoile et montre ce qu’il a de pire pour sauver sa peaux.
Il s’agit d’un film extrêmement sensible, qui creuse sans cesse plus loin dans la psyché de ses personnages. Imprévisibles, ils s’agitent, souffrent et font du mal sans trouver la solution dans une relation à trois dont aucun ne veut. Finalement, un peu comme tous ces renversements idéologiques qui ont causé tant de désastres, faute d’avoir trouvé l’équilibre. Mais il serait réducteur de parler seulement d’un film engagé. C’est une confrontation avec l’âge adulte et les choix qui l’accompagnent. Se sacrifier pour les autres, ou sacrifier les autres au nom de sois. La décision extrême de renier son passé pour construire un nouveau futur, ou s’y rattacher parce que l’on ne connait rien d’autre. La vraie révolution du film est celle qui manque aux personnages, que personne ne peut faire à leur place. La volonté d’affirmer leurs choix et leurs faiblesses au-delà d’une gratitude qui les enchaine."

Bon je vous avait prevenu c'est long, et le style un peu plus serieux que mes critiques ici, faut dire c'était pour les cours. Allez ça suffira comme ça ^^

  • Listening to: Alela Diane
  • Eating: cigarette
  • Drinking: coffe

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Devious Info

  • Current Residence: Bordeaux
  • Interests: L'autre. Son histoire.
  • Favourite movie: 2001 Space odissey
  • Favourite band or musician: Jorane
  • Favourite artist: Stanley Kubrick
  • Favourite poet or writer: Allan Ginsberg
  • Personal Quote: on s'en sortira vainqueurs

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Comments


:iconteka23:
Sérieux, ailleurs les règlements de comptes.

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